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France : arrêtons de danser sans cesse au bord de l’abîme



Depuis l’annonce désastreuse de la dissolution de l’Assemblée nationale le 9 juin dernier par le président de la République – même si celle-ci est soutenue par une majorité de Français si l’on en croît les enquêtes d’opinion –, nous avons tous plus ou moins le sentiment de danser collectivement au bord de l’abîme.


En France, la situation est-elle à ce point désespérée que la seule solution pour tenter de s’en sortir serait de confier le pouvoir à des individus d’extrême-droite sans aucune expérience et qui changent constamment d’avis, alors même que le programme du nouveau Front populaire paraît largement inapplicable en l’état et que la majorité actuelle et a fortiori Emmanuel Macron ont perdu une grande partie de leur crédibilité ?


Tout ceci conduit à la crainte légitime d’une crise politique majeure, voire d’une crise de régime en cas de majorité introuvable à l’Assemblée nationale et de démission du président de la République, de violences politiques et/ou d’une grave crise économique et financière et d’une grande défiance des investisseurs à l’égard de la France.


Le pays est à l’évidence confronté à de très nombreuses difficultés : fragmentation et polarisation de la société française, grande souffrance et angoisse de la "France périphérique", et tout particulièrement des catégories populaires et des classes moyennes inférieures qui "décrochent", déclin du pays dans les classements économiques internationaux et de son influence dans le monde, désindustrialisation plus prononcée en France qu’ailleurs, nettes dégradations des balances commerciales et des paiements, endettement public très élevé, mauvais classements des élèves français dans les enquêtes internationales sur le niveau scolaire, développement des communautarismes, voire de séparatismes, montée de la délinquance, en particulier liée au trafic de drogue, et des incivilités, vagues d’actes terroristes, menaces islamistes, montée de l’extrême-droite et de la gauche radicale…


Mais on paie aussi et surtout les conséquences de la volonté et de l’activisme de différents acteurs qui sont de véritables "ingénieurs du chaos" pour reprendre la désormais célèbre expression de Giuliano da Empoli, en instrumentalisant de façon systématique, au nom de considérations idéologiques, ces différentes difficultés, ainsi que les divisions du pays et tout événement susceptible de les alimenter. Ces ingénieurs du chaos sont des mouvements et des leaders politiques, des courants intégristes religieux, des organisations de la société civile radicales, des courants d’opinion radicaux ou encore des médias d’opinion. Cette "stratégie du chaos" permet de nourrir sans cesse et de galvaniser les colères et les ressentiments d'une partie des Français, de les canaliser contre un "ennemi" commun porté à la vindicte, de compter les siens et de les mobiliser.


Cela apparaît d’autant plus dangereux lorsque cela se double, comme c’est souvent le cas, de considérations de nature identitaires, en se basant sur ce que l’anthropologue Clair Michalon appelle "un paramètre qu'on ne peut pas négocier", à savoir la nationalité, la religion, la couleur de peau, le genre ou l’âge. Dans un tel contexte, on ne va plus tellement chercher à contrecarrer les arguments avancés par quelqu’un qui n’est pas d’accord avec nous. On va plutôt s’efforcer de discréditer cet adversaire en lui reprochant de n’être que le représentant d’intérêts spécifiques, de façon intentionnelle (celui-ci est alors accusé de s’exprimer au nom de la défense et de la promotion de ces intérêts) ou même de façon non intentionnelle (celui-ci est alors accusé d’être un "idiot utile" à leur service), ou bien en le jugeant incompétent ou même quelquefois en attaquant sa vie privée, ses mœurs, etc. On peut le faire aussi en caricaturant son point de vue, en mettant en exergue des propos, des faits ou des attitudes jugés radicaux et donc condamnables, en déformant ses propos ou en les sortant de leur contexte, en l’affublant d’un terme jugé disqualifiant ou repoussoir, comme décroissant, néolibéral, démagogue, populiste, ultra, raciste, islamo-gauchiste, islamophobe, etc. Ou pire, on va le disqualifier d’emblée parce qu’il appartient à telle ou telle nationalité, religion, catégorie sociale, ou bien en raison de ses sympathies politiques, de son genre, de son âge ou bien de son orientation sexuelle. Il est évident que, dans un tel cas de figure, les points de vue modérés et nuancés sont ignorés et même dans certains cas jugés suspicieux.


D’autres acteurs, cette fois, au nom de considérations d’abord commerciales, ont également intérêt à mettre l’accent sur tout ce qui divise. C’est notamment le cas de médias, de réseaux sociaux numériques, d’auteurs ou d’influenceurs. L’indignation et la division permettent, en effet, de se faire connaître, de faire du buzz, de vendre, de susciter des engagements, etc.


Or, ce sont en grande partie ces différentes stratégies individuelles du chaos qui nous conduisent collectivement au bord de l’abîme.


 

Pour un nouveau regard sur la France et les Français



Dans le tumulte actuel, il convient en premier lieu, et dans la mesure du possible, d’éviter deux tentations lorsque l’on se penche sur la situation de la France, à savoir le déni et le déclinisme.

 

Ne pas être dans une posture de déni

Il ne faut pas bien évidemment être dans une posture de déni par rapport aux difficultés bien réelles traversées par le pays et aux immenses défis qui l’attendent, et par rapport aux doléances de nos compatriotes qui votent pour les extrêmes (ou qui s’abstiennent). Ces derniers expriment de véritables malaises qu’il est nécessaire d’entendre et auxquels il est crucial d’apporter des réponses crédibles car cela fait des années que cela dure maintenant. Cela ne sert donc à rien d’être rassuriste ou bien faire d’établir la chronique de la France qui va bien, celle des beaux quartiers, des Français qui n’ont pas de problèmes particuliers, qui sont diplômés de l’enseignement supérieur, qui appartiennent à des catégories socioprofessionnelles favorisées...

 

Eviter de tomber dans la tentation décliniste

Mais, il apparaît aussi crucial d’éviter de tomber dans la tentation décliniste ou "décadentiste", voire dans la tentation catastrophiste, et d’assimiler la vision décliniste à une vision réaliste. Le déclinisme tend généralement à générer un sentiment d’impuissance, de repli sur soi et sur sa communauté, quelle qu’elle soit, à alimenter une défiance vis-à-vis des élites politiques, et plus largement des élites, et à favoriser la popularité des courants radicaux et intégristes et des visions alternatives, y compris complotistes.

 

Nécessité de changer et d’élargir son regard sur la France et les Français

Il est par conséquent nécessaire de changer et d’élargir son regard sur la France et les Français. Pour cela, il ne faut pas s’en tenir uniquement aux médias traditionnels en tant que sources d’informations ou a fortiori aux réseaux sociaux numériques. En outre, il convient d’adopter le regard de l’oiseau, ainsi que du ver de terre pour reprendre la métaphore du statisticien britannique Tim Harford.

 

Nécessité d’adopter le regard de l’oiseau

Le regard de l’oiseau, c’est essayer d’avoir un regard distancié pour tenter d’évaluer la situation réelle du pays, vue du ciel pourrait-on dire, en s’appuyant notamment sur un certain nombre de données et de comparaisons internationales ou d’enquêtes menées sur longue période (comme l’enquête sur les valeurs). C’est la vision statistique, panoramique, détachée et froide. Or, en procédant ainsi, on peut tout d’abord observer un décalage important entre ce qu’est véritablement la société française et la représentation que l’on en a communément. On s’aperçoit aussi que la France ne va si mal que cela et que le pays tient globalement son rang, notamment si on le compare à des pays équivalents.


Ainsi, les statistiques et les enquêtes de fond montrent que les Français sont globalement heureux et heureux de vivre en France, que celle-ci reste un pays riche et libre, qu’elle bénéficie d’un "modèle social" très avantageux (se traduisant par l’une des espérances de vie les plus élevées au monde et l’un des taux de mortalité infantile les plus faible du monde, mais aussi par le fait que les inégalités de revenu sont parmi les plus contenues du monde et le taux de pauvreté parmi les plus faibles d’Europe), qu’elle est un pays très attractif pour les touristes, les investisseurs, les étudiants ou les retraités, qu’elle innove et dispose (encore) de nombreux atouts. En définitive, lorsque l’on établit un bilan à froid, on peut s’apercevoir que les raisons d’espérer en France sont largement aussi importantes que celles de désespérer. Il faut aussi bien se rendre compte à quel point les progrès sont largement invisibles, à la différence notable des reculs ou de ce qui stagne.


On peut voir aussi que, ces dernières années, le pays a su encaisser collectivement les "chocs" sans se déchirer outre mesure : attentats de masse de 2015-2016, mouvement des Gilets jaunes, mouvements de contestation de réforme (loi Travail, retraites en 2019 et en 2023), pandémie de Covid-19, émeutes urbaines de 2023… Aucun autre pays en Europe n’a connu autant de "chocs" de cette nature et comme le disait Jérôme Fourquet, "les Français sont toujours debout malgré les difficultés".

 

Nécessité d’adopter aussi le regard du ver de terre

Si l’on adopte le regard du ver du terre, plus à la hauteur des Françaises et des Français, et si l’on fait l’effort de porter aussi son regard sur ce qui fonctionne, sur ce qui va bien, sur ce qui va dans le bon sens, sur ce qui peut être source d’espoir, sans pour autant tomber dans une forme de cocorico ou de fierté nationale malvenue, on peut alors en tirer deux conclusions.


(1) Il faut tout d’abord reconnaître le travail quotidien des véritables "murs porteurs" de la société, de cette France peu ou pas visible, mais indispensable, qui permet au pays de fonctionner correctement et à sa population de vivre sa vie au quotidien sans vraiment s’en rendre compte : travailleurs du "back office", agriculteurs, artisans, femmes travaillant dans le "care", bénévoles d’associations, aidants… Il convient de faire preuve de gratitude à son égard, comme on le faisait par exemple tous les 20 heures lors du confinement à l’égard des personnels soignants.


(2) On peut voir aussi un grand foisonnement d’initiatives un peu partout sur le territoire. Elles sont le fait de différents types d’acteurs : des entreprises, des start up, des collectivités locales, des associations, des collectifs ou des individus. Cela donne même le sentiment que l’on assiste à une véritable "révolution silencieuse" depuis quelques années. Alexis de Tocqueville expliquait ainsi dans De la démocratie en Amérique que "Les Français comptent toujours, pour se sauver, en un pouvoir qu’ils détestent, mais se sauver par eux-mêmes est la dernière chose à laquelle ils pensent". C’est ce qui semble avoir changé ces dernières années. On peut voir qu’une partie notable de Français essaient de régler par eux-mêmes les problèmes auxquels ils sont confrontés sans nécessairement attendre que la solution vienne d’en haut, des responsables politiques, de l’Etat ou du gouvernement.


Au final, il est important de voir aussi cette France qui donne envie de se lever le matin et de se retrousser les manches pour faire face, tous ensemble, aux immenses défis qui se dressent devant nous.


 

Pour un renouveau de la culture de la modération, de la nuance, du dialogue et du débat


Il convient par ailleurs de se réapproprier collectivement une culture de la modération, de la nuance, du dialogue et du débat car nous avons semble-t-il de plus en plus de difficultés à envisager la diversité des opinions, et une diversité de plus en plus grande, sans nous déchirer et être tentés par le regroupement de celles et de ceux qui pensent de la même manière en opposition à celles et ceux qui ont une vision différente – "nous" contre "eux" en somme.


C’est ce que montre bien le chercheur allemand Thomas Bauer dans un ouvrage paru en 2024 Vers un monde univoque. Sur la perte d’ambiguïté et de diversité (L’échappée). Le philosophe Pierre-Henri Tavoillot parle, de son côté, de la nécessité de "retrouver les saveurs de la complexité" (intervention lors des Journées UFS organisées par l’Union française des semenciers à Paris le 4 novembre 2021) face aux récits simplistes et à l’idée qu’il y a des solutions qui résoudraient tout de façon magique.


Cela nécessite bien évidemment de lutter contre les fake news, la désinformation et les théories conspirationnistes en s’appuyant sur des faits et des données solides et indiscutables et en les analysant avec une méthode fiable, en recoupant les sources d’information (y compris en prenant en compte des informations qui ne correspondent pas nécessairement à notre vision des choses, même si cela peut nous amener à réviser notre jugement initial), ou en s’abstenant de relayer les fausses informations. Il convient ainsi de valoriser le travail particulièrement utile de "fact-checking" effectué par la presse, qui est un processus de vérification des faits qui permet de valider, ou pas, l’exactitude de données et d’affirmations énoncées dans un texte ou dans un discours.


Le quotidien La Croix proposait, quant à lui, avant le début de la campagne présidentielle de 2022 "10 engagements pour un débat apaisé", qui sont une bonne base de départ de ce point de vue.


Ces dix engagements étaient les suivants :

- (1) Lutter contre les fausses informations. S’abstenir de relayer celles dont on ignore la source.

- (2) Ne pas attaquer la vie privée, préserver l’intimité, y compris celle des personnes publiques.

- (3) Ne pas injurier, diffamer, humilier, dénigrer, harceler.

- (4) Refuser de transformer les réseaux sociaux en tribunaux populaires. Ne pas céder à la dénonciation et à l’indignation systématiques, qui ne peuvent tenir lieu de pensée argumentée.

- (5) Veiller à ne pas déformer des propos et à ne pas les sortir de leur contexte.

- (6) Ne pas utiliser l’anonymat ou le pseudo pour contourner les règles de civilité ou biaiser le débat.

- (7) Ne pas enfermer les interlocuteurs dans des identités figées, d’origine, de genre, d’âge, de religion, de classe sociale.

- (8) Écouter le point de vue de l’autre jusqu’au bout, sans dramatiser les désaccords.

- (9) Accepter la complexité, dire les nuances, pour ne pas s’en tenir à des oppositions frontales.

- (10) Entendre la parole des plus faibles et, plus largement, celle qui s’exprime moins dans les médias ou sur les réseaux sociaux.


Il semble tout autant nécessaire de cultiver quelques valeurs, qui peuvent paraître quelque peu désuètes, telles que l’empathie et l’humilité intellectuelle.


Des psychologues ont, en effet, mis en évidence le mécanisme psychologique de l’"infrahumanisation" par lequel on tend à prêter moins de sentiments humains à celles et ceux qui nous sont étrangers. Différentes expériences ont ainsi montré que les émotions attribuées à des personnes qui nous sont proches (les personnes qui ont, par exemple, la même nationalité que nous) sont des émotions dites "secondaires", c’est-à-dire des émotions propres à l’homme, comme le chagrin, la culpabilité, le regret ou le désespoir. En revanche, les émotions attribuées à des personnes qui ne nous sont pas proches (par exemple de nationalité étrangère) sont seulement des émotions dites "primaires", à savoir des émotions qui sont communes aux hommes et aux animaux, comme la douleur, la tristesse, la colère ou la peur. Cela signifie que notre niveau de compassion pour la souffrance endurée par les autres n’est pas le même selon que l’on se sente proche, ou pas, des personnes concernées. Il est évident que, dans un contexte de polarisation entre différents groupes, ce mécanisme d’infrahumanisation joue à plein. Il paraît donc primordial de faire preuve d’empathie, d’essayer de se mettre à la place de l’Autre, de comprendre quelles sont ses préoccupations et ses motivations si l’on ne veut pas déshumaniser celui ou celle qui ne pense pas comme nous, ce qui peut conduire à un soutien à des visions extrémistes, voire à la violence.


La seconde valeur est celle de l’humilité intellectuelle à laquelle la recherche en psychologie sociale s’est beaucoup intéressée récemment. Krumrei-Mancuso et Brian Newman parlent à ce propos d’humilité intellectuelle sociopolitique (HIS), qu’ils définissent comme "une conscience non menaçante de la faillibilité de ses opinions sur des sujets sociopolitiques en relation avec les attitudes envers des groupes et des questions politiques spécifiques". Pour Tenelle Porter et Karina Schumann, l’humilité intellectuelle consiste à "reconnaître les limites de ses propres connaissances et apprécier les qualités intellectuelles des autres". Or, les résultats de ces recherches montrent que l’humilité intellectuelle est susceptible de réduire la polarisation et l’hostilité politiques. Glen Smith explique ainsi que l’humilité intellectuelle n’est pas la panacée notamment sur des sujets très clivants (comme c'est le cas du changement climatique ou de l’avortement aux Etats-Unis par exemple). Mais en pratiquant une plus grande humilité, il est néanmoins possible de favoriser un dialogue positif : "Si on peut aborder les disputes en admettant qu’on ne sait pas tout, c’est contagieux. D’autres personnes commencent alors à remettre en question leurs connaissances et adoptent une approche moins défensive" ; "Si nous pouvons devenir plus humbles et accepter que les gens ne soient pas d’accord avec nous pour de bonnes raisons, nous pouvons réduire une partie de l’acrimonie" (source).


 

Pour des stratèges de la concorde


Enfin, face aux ingénieurs du chaos et à leur stratégie du front et du chaos, il convient de privilégier ce que l’on pourrait appeler des "ingénieurs de la concorde".


Ce sont des individus et des organisations qui, quelquefois dans l’indifférence générale, vont militer et agir pour créer des ponts sur la base de ce qui nous rassemble. Ils sont nombreux, mais très peu visibles et présents dans les médias. Parmi des milliers d’exemples, on peut penser à ce grand tournoi de football entre des adolescents des quartiers Nord de Marseille et des policiers de la ville, visant notamment à dépasser les stéréotypes de part et d’autre (source). Les enquêtes d’opinion montrent d’ailleurs souvent que ce qui nous rapproche au sein de la société française, en particulier en termes de valeurs, est plus important que ce qui nous divise, et que cette société aspire très massivement à l’apaisement et à la concorde.


Il est crucial, en effet, de cultiver les éléments centripètes, c’est-à-dire tout ce qui peut nous rassembler et tout ce qui peut contribuer, d’une manière ou d’une autre, à la dépolarisation. Cela ne signifie pas pour autant que l’on doive rechercher à tout prix le consensus et a fortiori l’unanimisme, ou être dans la logique macronienne du "en même temps". La contradiction, la critique, les contre-pouvoirs et la conflictualité sont tout à fait nécessaires.


Des exemples au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis sont intéressants de ce point de vue. C’est le cas de Larger Us outre-Manche, qui se présente comme "une communauté d’acteurs du changement qui partagent l’objectif de combler les fossés plutôt que de les approfondir, qui veulent transformer les relations plutôt que vaincre les ennemis".


Aux Etats-Unis, Braver Angels s’efforce également de lutter contre la polarisation politique du pays. Braver Angels affirme ainsi que sa mission est de "rassembler les Américains pour combler le fossé partisan et renforcer notre république démocratique" en favorisant un renouveau civique et en s’appuyant sur les engagements suivants :

- Nous exprimons nos opinions librement et pleinement, sans crainte.

- Nous traitons les personnes qui ne sont pas d’accord avec nous avec honnêteté, dignité et respect.

- Nous sommes ouverts aux opportunités de dialoguer avec ceux avec lesquels nous ne sommes pas d’accord.

- Nous pensons que nous avons tous des angles morts et que cela ne vaut pas la peine d’en parler.

- Nous cherchons à être en désaccord avec précision, en évitant l’exagération et les stéréotypes.

- Nous recherchons un terrain d’entente là où il existe et, si possible, trouvons des moyens de travailler ensemble.

- Nous pensons qu’en cas de désaccord, les deux parties partagent et apprennent.

- Dans Braver Angels, aucune des deux parties n’enseigne à l’autre ou ne donne des commentaires sur la façon de penser ou de dire les choses différemment.


En ces temps particulièrement troublés, une initiative de ce type susceptible de réunir les "ingénieurs de la concorde" pourrait être aussi bien utile en France.

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