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C’est lorsque le contexte est anxiogène qu’il est primordial de cultiver notre optimisme



Une étude parue très récemment dans le Journal of American Geriatrics Society confirme, après bien d’autres, à quel point l’optimisme a un impact positif sur la santé mentale et physique. Cette étude basée sur un échantillon de près de 160 000 femmes d’origines et de milieux sociaux différents montre que celles qui ont un degré élevé d’optimisme ont une espérance de vie plus longue et de plus grandes chances de vivre plus de 90 ans.


En 2021, une étude publiée dans The Journals of Gerontology donnait des résultats assez similaires. Cette expérience menée par des chercheurs de l’université hébraïque de Jérusalem a consisté à suivre quelque 1 200 personnes âgées (nées en 1920 et 1921) pendant plus de 30 ans. Les conclusions des chercheurs sont là aussi que l’optimisme contribue à rallonger l’espérance de vie et a "un impact sur la survie" ainsi que l’affirme Yoram Maaravi, l’un des auteurs de l’étude.


Il semble par conséquent crucial de "cultiver l’optimisme" en cette période difficile. C’est la raison pour laquelle L’Observatoire du Positif a décidé pour sa première interview publiée sur son site d’interroger Delphine LUGINBUHL et Aurélie PENNEL, qui sont toutes les deux des spécialistes reconnues de l’optimisme et de la psychologie positive. Elles ont d’ailleurs publié en 2018 un ouvrage qui s’intitulait justement Cultiver l’optimisme.


L’Observatoire du Positif : Pouvez-vous vous présenter brièvement ? Quels ont été vos parcours respectifs ?


Delphine Luginbuhl : Ingénieure de l’École Centrale Paris et licenciée en psychologie à l'Université Paris 8, je dispose de 20 ans d'expérience en entreprise dans des métiers variés (ressources humaines, coaching, gestion de projet, animation de réseau, etc.).









Aurélie Pennel : diplômée de l’École de Management de Grenoble (GEM), j’ai pendant plus de 15 ans dirigé des équipes de tailles variées dans un grand groupe industriel et ai porté plusieurs projets de transformation opérationnels.









Ensemble, nous avons écrit les livres Cultiver l’optimisme, J’arrête de renoncer à mes rêves et Trop bon, trop con ?, parus aux éditions Eyrolles entre 2018 et 2021.



L’Observatoire du Positif : Vous êtes coachs, consultantes, conférencières et autrices. Quelles sont vos principales activités et à quel public s’adressent-elles (entreprises, grand public…) ?


Delphine Luginbuhl et Aurélie Pennel : Nous avons créé ensemble Positiel pour accompagner les individus et les collectifs désireux de mettre en œuvre une dynamique positive de changement, aussi bien professionnelle que personnelle.


Pour cela, nous avons toute une palette d’outils (coaching, formation, conférences, ateliers, etc.).


Nous sommes fortement sollicitées par des entreprises de secteurs et de tailles variées, ainsi que par des associations et des réseaux (comme par exemple les réseaux féminins de grandes écoles ou de grandes entreprises).


Nous nous adressons également au grand public via nos livres, des interventions radio, télé et presse, ainsi que des animations d’ateliers et des coachings individuels.




L’Observatoire du Positif : Qu’est-ce qui vous a amené à "cultiver l’optimisme" comme l’indique le titre de l’un de vos ouvrages ? Êtes-vous des "pessimistes repenties" ? Y a-t-il eu un déclic à un moment donné qui vous a amenées à vouloir changer de regard ?


Delphine Luginbuhl et Aurélie Pennel : Nous nous sommes rencontrées au sein d’une grande entreprise dans laquelle nous travaillions toutes les deux et avons constaté que nous étions reconnues pour notre capacité à garder une posture constructive face aux difficultés. Cela nous a donné envie de creuser en profondeur le sujet de l’optimisme et de porter au sein des collectifs de travail des clefs permettant de le cultiver auprès des individus comme au sein des équipes.




L’Observatoire du Positif : La dernière partie de votre ouvrage "Cultiver l’optimisme" est intitulée "Devenir optimiste". Est-ce que cela signifie que, pour vous, on peut devenir optimiste même si l’on est profondément pessimiste ? Et dans ce cas, que conseillez-vous de faire pour engager une telle "transition positive" ?


Delphine Luginbuhl et Aurélie Pennel : Comme le dit le philosophe Alain : "le pessimisme est d’humeur, l’optimisme de volonté". On ne choisit pas toujours les événements qui nous arrivent. Mais ce qu’on est toujours libre de choisir, c’est la manière dont on y réagit.


Râler face à la moindre difficulté, reporter la faute sur les autres, se poser en victime, etc. est une solution de facilité. Mais tout le monde peut prendre la décision d’adopter une posture constructive et optimiste !


Les études de psychologie montrent que, si la génétique détermine en partie notre capacité à être heureux, une grande partie de cette capacité ne dépend que de notre état d’esprit et des relations que l’on nourrit au cours de notre vie.


La première étape d’une " transition positive", c’est la prise de conscience et la volonté de changer (car on ne rend pas optimiste quelqu’un qui ne souhaite pas le devenir).


Tout comme un corps se muscle à force d’exercice physique, il existe quelques pratiques simples à mettre en œuvre au quotidien pour entraîner son cerveau à voir le positif. C’est ce passage à l’action que nous développons dans la troisième partie de notre livre.



L’Observatoire du Positif : Dans un contexte particulièrement anxiogène (crise de la Covid-19, guerre en Ukraine, montée des extrémismes, éco-anxiété liée à la dégradation du climat…), comment faites-vous pour rester optimistes et quels conseils donneriez-vous pour continuer à avoir un regard positif ?


Delphine Luginbuhl et Aurélie Pennel : C’est justement lorsque le contexte environnemental est anxiogène qu’il est primordial de cultiver notre optimisme intrinsèque : si on se laisse submerger par l’anxiété, on restera dans l’inaction et la souffrance psychologique.


Pour continuer à avoir à un regard positif, il est important de s’entraîner à repérer au quotidien tous les petits bonheurs qui parsèment notre vie : le sourire d’un enfant, la complicité avec un ami, un beau coucher de soleil, un bon roman, un succulent tiramisu, une musique à la radio… Toutes les petites choses qui, mises bout à bout, nous rendent vraiment heureux.



L’Observatoire du Positif : Auriez-vous un ou deux livres à conseiller ? Ou bien des sites, des blogs, des podcasts ?


Delphine Luginbuhl et Aurélie Pennel : Au-delà de nos 3 livres (Cultiver l’optimisme, J’arrête de renoncer à mes rêves et Trop bon, trop con ?) et de notre chaîne Youtube, nous conseillons la lecture de Comment être heureux et le rester (Sonja Lyubomirsky), S'épanouir. Pour un nouvel art du bonheur et du bien-être (Martin Seligman) et Choisir sa vie (Tal Ben Shahar).




L’Observatoire du Positif : Pour terminer, si vous deviez donner trois raisons d’être optimiste en 2022, quelles seraient-elles ?


Delphine Luginbuhl et Aurélie Pennel : Tout d’abord, conscientiser toutes les bonnes choses qui se sont passées malgré tout en 2022 : même si notre cerveau a structurellement tendance à se focaliser sur les mauvaises nouvelles (phénomène que les médias n’exploitent que trop !), il y a un tas de bonnes raisons d’être optimistes en 2022. Nous en profitons pour te remercier Eddy [Fougier (L'Observatoire du Positif)] de tout le travail que tu réalises pour mettre en lumière des actualités positives.


Ensuite, pensez à cette phrase de Kundera : "Je préfère vivre en optimiste et me tromper que vivre en pessimiste pour la seule satisfaction d’avoir eu raison" : cultiver l’optimisme est un formidable levier de bonheur, qu’il n’appartient qu’à vous d’activer.


Enfin, c’est à chacune et chacun d’entre nous de trouver les raisons d’être positif qui correspondent à sa personnalité, ses goûts, sa vie : nous vous invitons donc à trouver VOTRE raison d’être optimiste en 2022.






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